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Co-fondateur d’ Aldebaran Robotics et concepteur du robot NAO, David Gouaillier rencontre Nicolas Huchet en 2017. Il apporte ses compétences en mécatronique sur le projet bionicohand : une prothèse de main myoélectrique DIY. Quelques mois plus tard, il fonde la société ORTHOPUS et décide de s’engager dans une aventure entrepreneuriale au service d’une économie qui a du sens.

Quel est le but d’ORTHOPUS ?

Chez ORTHOPUS, nous avons plusieurs objectifs, mais le premier, celui qui nous anime au quotidien, c’est celui de concevoir des aides techniques aux handicaps de qualité et de les rendre accessibles au plus grand nombre.

Les aides techniques désignent “tout instrument, équipement ou système technique adapté ou conçu pour compenser une limitation d’activité rencontrée par une personne du fait de son handicap » (handicap.fr). Concrètement, il peut s’agir de prothèses, d’orthèses, de fauteuils roulants, de bras d’assistance de vie, de logiciels destinés à améliorer la vie quotidienne, sociale et professionnelle des personnes atteintes d’un handicap moteur.

Et pour rendre les aides techniques accessibles au plus grand nombre, nous souhaitons que nos solutions soient abordables et qu’elles puissent être refabriquées facilement partout dans le monde.

Pourquoi le faisons-nous ?

Nous le faisons parce que nous avons constaté un vrai problème : celui de l’inégalité d’accès aux aides techniques.
Selon le rapport du réseau international ATScale, plus d’un milliard de personnes ont besoin d’une forme d’aide technique. Mais plus de 90% d’entre elles n’y ont pas accès. Le nombre de personnes concernées devrait atteindre plus de 2 milliards en 2050 en raison du diabète.

Les aides techniques aux handicaps sont en effet très coûteuses et souvent réservées à une minorité bénéficiant de revenus suffisants ou d’un système de protection sociale.
A titre d’exemple, une voiture électrique d’entrée de gamme coûte en France environ 24 000 euros alors qu’un fauteuil roulant, entre 35 et 45 000 euros pour une personne atteinte de myopathie. Le prix d’une prothèse de main dernière génération s’élève aussi à 45 000 euros.

Chez ORTHOPUS, nous trouvons que ces prix ne sont pas équitables. C’est pourquoi, dans le sillage des initiatives menées par le réseau des fablabs, nous voulons bousculer ce marché et apporter de nouvelles solutions.

Comment procédons-nous ?

Pour réussir cette mission, ORTHOPUS s’appuie sur 3 moyens principaux :

– L’Open Source

Nous souhaitons partager toutes nos solutions en Open Source à travers des tutoriels en ligne qui permettent de les refabriquer.
Chez ORTHOPUS, nous considérons l’Open Source comme notre colonne vertébrale. Sans l’Open Source, nous perdons le moyen le plus précieux et certain de réaliser notre mission de diffusion, d’accessibilité, de partage et de solidarité.

– Des moyens de production légers

Il s’agit des matériaux à bas coûts, des outils électroportatifs et des technologies d’impression numérique que nous utilisons.
Nous testons plusieurs matériaux pour proposer des solutions de qualité équivalente à celles qui existent déjà, mais moins coûteuses.
De plus, les technologies de fabrication numérique telles que l’impression 3D offriront aux professionnels de la santé la possibilité d’être indépendants techniquement pour appareiller des patients.

– La certification médicale

Un des défis majeurs d’ORTHOPUS est celui d’obtenir les certifications médicales pour garantir la qualité, le confort et la robustesse des solutions. ORTHOPUS veut se conformer au règlement européen 2017/745 sur les dispositifs médicaux. Pour cela, ORTHOPUS a déjà mis en place un Système de Management de la Qualité (ISO 13485) et commence des essais cliniques pour certifier les solutions déjà développées.

Quel est notre business model ?

Les bénéficiaires de nos solutions sont les personnes atteintes de handicap moteur.
Nos solutions s’adressent aux professionnels de la santé qui jouent le rôle d’intermédiaires en étant au contact direct avec les personnes concernées. Il s’agit des orthoprothésistes, des kinésithérapeutes et des ergothérapeutes.
Sur le plan international, ORTHOPUS veut devenir le partenaire privilégié des ONG qui sont au contact des populations “fragiles”.
ORTHOPUS souhaite donc agir à la fois en France et dans le monde.

Toutes nos solutions conçues pour le bien commun, nous ne déposerons pas de brevet sur nos technologies et savoir-faire.
Notre business model repose donc sur des revenus liés à :

  • la vente de composants prothétiques certifiés
  • la vente de prothèses assemblées et certifiées
  • des prestations de formation et de conseil
  • la vente de solutions sur-mesure (prothèses pour les enfants, prothèses pour les loisirs et sports de compétition etc)

De plus, notre modèle économique s’inscrit dans les valeurs de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS). Nous cherchons à vendre nos solutions et services à un prix juste et éthique (fair pricing) en appliquant des marges modérées, voire faibles pour les personnes les plus fragiles.
La rentabilité d’ORTHOPUS n’est donc pas seulement économique, mais aussi mesurée par son impact social. Autrement dit, la valeur générée par l’entreprise dépasse les seuls bénéfices. Elle est tournée vers les bénéficiaires : les personnes en situation de handicap.

Quels sont nos projets pour les prochains mois ?

Sur le plan technologique, ORTHOPUS souhaite poursuivre différents projets de R&D pour les amputations du membre supérieur avec Nicolas Huchet.

Outre les démarches pour obtenir les certifications médicales, des premiers tests de fabrication et d’appareillage en Afrique sont en cours d’étude.

Par ailleurs, ORTHOPUS souhaite obtenir l’agrément ESUS pour être officiellement reconnue entreprise de l’Économie Sociale et Solidaire et entrer dans une nouvelle économie qui a du sens.

En 2019, nous serons présents au Salon des Expérimentations & Innovations Solidaires (SEIS) organisé par ASKORIA.
Rendez-vous à Rennes le 10 octobre prochain !

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