Réparer l’humain, focus sur les prothèses du membre supérieur

Héloïse Chochois, La fabrique des corps. Des premières prothèses à l’humain augmenté, Éditions Delcourt, collection OCTOPUS, juin 2017

Aujourd’hui, trop de personnes amputées n’ont pas accès à une prothèse. Les solutions ne manquent pas, mais elles sont souvent trop onéreuses, notamment pour les personnes vivant dans les pays en développement.
Pour changer la donne et permettre à ces personnes de retrouver leur intégrité sociale et professionnelle, ORTHOPUS conçoit des solutions prothétiques avec une nouvelle approche inspirée de l’innovation frugale.

Trop de personnes amputées sont sans solution

Environ 40 millions de personnes sont amputées dans le monde et ce nombre va doubler d’ici 2050 principalement en raison du vieillissement de la population et du diabète.

Selon l’OMS, seulement 1 personne sur 10 a accès à une solution prothétique. Les raisons de cet échec sociétal s’expliquent en partie à cause de l’inefficacité ou de l’absence de système de santé et des prix excessifs pratiqués.

ORTHOPUS conçoit des solutions pour le membre supérieur

Dans le monde, 85% des personnes amputées le sont du membre inférieur, et la plupart des efforts de recherche et de développement se concentrent pour apporter des solutions d’appareillage à ces personnes. Par conséquent, peu d’organisations fournissent des prothèses pour le membre supérieur.

Conscient de ces besoins, David Gouaillier fonde ORTHOPUS afin de développer des solutions  prothétiques ciblées pour les personnes amputées du membre supérieur.

Les prothèses pour le membre supérieur

Une prothèse est une aide technique dédiée aux personnes ayant un membre amputé par accident ou de naissance (agénésie). La prothèse de membre supérieur permet de remplacer l’absence d’une partie d’un bras ou d’une main.

Il existe différents types et niveaux d’amputations du membre supérieur :

1. Amputation inter-scapulo-thoracique
2. Amputation transhumérale (au-dessus du coude)
3. Amputation transradiale (en-dessous du coude)
4. Désarticulation de l’épaule
5. Désarticulation du coude
6. Désarticulation de la main ou du poignet

Une prothèse du membre supérieur est composée de plusieurs parties :

  • L’emboîture vient s’adapter sur le membre résiduel (moignon). Cette partie est unique à chacun et est très critique pour le confort de la personne. Elle est réalisée par un professionnel de la santé : un orthoprothésiste.
  • Un poignet (articulé ou non)
  • Une main prothétique ou un dispositif prothétique spécifique (outil)
Héloïse Chochois, La fabrique des corps. Des premières prothèses à l’humain augmenté, Éditions Delcourt, collection OCTOPUS, juin 2017

Il existe trois types de prothèses pour le membre supérieur :

La prothèse esthétique sert à reproduire visuellement une main ou un bras. Elle est aussi appelée “passive” car elle est peu ou pas fonctionnelle.

La prothèse mécanique permet de réaliser des activités de la vie quotidienne ou des actions plus spécifiques dans un cadre professionnel. Elle est actionnée grâce au mouvement du corps.

La prothèse myoélectrique (ou robotique) est la prothèse la plus sophistiquée car elle est composée de moteurs et de composants électroniques. Elle est contrôlée par des capteurs qui détectent l’activité musculaire de l’utilisateur.

Les prothèses mécaniques et myoélectriques peuvent être associées à un gant esthétique alliant le fonctionnel et l’aspect visuel.

La gamme de solutions pour le membre supérieur développée par ORTHOPUS

Notre première gamme de solutions est destinée aux amputations transradiales et de désarticulation du poignet.

Nous travaillons actuellement sur un poignet mécanique qui pourra se connecter facilement à tout type de dispositif prothétique supplémentaire tel qu’une main esthétique, mécanique ou robotique. Ce poignet, compatible avec les produits actuellement sur le marché, a pour objectif d’établir un standard universel dans le secteur.

Pour répondre aux exigences européennes relatives aux dispositifs médicaux (marquage CE), notre poignet est réalisé à partir de plaques de métal (acier et aluminium) qui sont découpées au laser puis assemblées.

L’utilisation de cette technologie s’inscrit dans notre démarche d’innovation frugale car elle est facile à reproduire et ne demande pas un outillage de production coûteux. Notre but n’est pas la course à l’innovation High-tech par le rajout de nouvelles fonctionnalités mais bien de rendre accessibles des prothèses robustes, certifiées et reproductibles avec des matériaux et des procédés disponibles partout et à bas prix.

Notre approche est de cibler prioritairement les pays en développement avec une gamme de solutions prothétiques permettant de répondre à un prix éthique aux besoins essentiels afin de favoriser :

  • la réinsertion sociale grâce à une prothèse esthétique
  • la réinsertion professionnelle grâce à une prothèse mécanique
  • les activités du quotidien avec une prothèse myoélectrique

La road-map R&D d'ORTHOPUS (2020-2022)

Diffuser, partager et commercialiser nos premières solutions

Pour démocratiser l’accès aux aides techniques et augmenter le nombre de personnes appareillées dans le monde, ORTHOPUS va partager ses solutions certifiées en Open Source afin de faciliter leur diffusion.

Pour commercialiser nos solutions, nous avons identifié un distributeur local en Inde avec lequel nous voulons collaborer en 2020. Nous sommes également en relation avec l’ONG Handicap International pour réaliser un test de nos solutions pour le membre supérieur dans un pays où l’ONG est actuellement en mission.

Dès janvier 2020, ORTHOPUS sort de son laboratoire de R&D pour concrétiser ses projets en prototypage. Notre poignet universel, élément clé de notre future gamme de solutions, sera le premier élément à tester. S’en suivra la réalisation des prothèses esthétiques, mécaniques et myoélectriques.

ORTHOPUS se met en mouvement afin de relever le challenge pour une santé plus solidaire et défendre les droits humains fondamentaux.

One Comment

  1. Laurent

    Bravo !
    Une magnifique démarche !!!
    Je suis amputé de la main droite avec la main gauche très peu fonctionnelle, avec une amputation fémorale gauche et SPE sur le pied droit, ceci est un autre sujet !
    J’ai la « chance » de bénéficier de plusieurs prothèses Mio-électriques, une Touch Bionics (Össur) Ultra Limb et une OTTOBOCK Sensor Speed avec son greiffer. Tout ça pour vous dire que j’ai énormément conscience de l’utilité de votre projet.
    Si je peux vous aider, je ne sais pas et ne vois pas en quoi mais sait t’on jamais, participer à des essais de vos futurs modèles par exemple…
    Je suis amputé de la main depuis 2012, en suis déjà à mon renouvellement de prothèse, donc une bonne petite expérience de l’utilisation de celles-ci. D’autant plus que la prothèse est ma main dominante.
    Un très beau projet qui, je l’espère, sera retenir l’attention de beaucoup de monde.
    Bien cordialement.

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